Oubliez Deauville : voici la pépite méconnue de la Côte Fleurie pour un week-end sans la foule
Je vais vous faire une confidence de Normand : il existe un moment précis, sur l’autoroute A13, où le voyageur hésite.
À l’approche de la sortie vers la Côte Fleurie, l’aimant magnétique de Deauville et de ses célèbres Planches attire la majorité des plaques d’immatriculation franciliennes.
Pourtant, il y a quelques années, alors que j’étouffais sous le tumulte d’un mois d’août saturé, j’ai décidé de pousser quelques kilomètres plus loin. C’est là, nichée entre le prestige d’Houlgate et le faste de Trouville, que j’ai redécouvert Villers-sur-Mer.
Ce n’est pas seulement une commune littorale, c’est une faille spatio-temporelle. Imaginez une station où l’on peut encore trouver une place en terrasse sans réservation trois semaines à l’avance, où le sable fin n’est pas occulté par des forêts de parasols colorés, et où la nature sauvage reprend ses droits sur le béton. Bienvenue dans ce que la Normandie a de plus précieux : un équilibre parfait.
En résumé : pourquoi choisir Villers-sur-Mer ?
Si vous n’avez que quelques secondes, voici l’essentiel de ce qui fait de Villers la destination idéale :
- Le charme intact : Une architecture Belle Époque préservée sans le côté “musée figé”.
- La nature spectaculaire : Les Falaises des Vaches Noires, un site paléontologique mondialement connu.
- Le poumon vert : Un marais littoral de 110 hectares, paradis des oiseaux et des randonneurs.
- La rareté géographique : C’est le point d’entrée du Méridien de Greenwich en France continentale.
- L’esprit famille : Une plage de 2 kilomètres divisée en trois ambiances (sauvage, animée, paisible).
Le charme discret d’une station Belle Époque qui n’a pas pris une ride
Quand on arrive à Villers-sur-Mer, ce qui frappe d’abord, c’est cette sensation de sérénité architecturale. Contrairement à certaines voisines qui ont vu leurs fronts de mer défigurés par les promoteurs des années 70, Villers a su garder son âme.
Se promener dans les rues de Villers, c’est feuilleter un catalogue d’architecture de la fin du XIXe siècle. Les villas historiques rivalisent d’élégance : colombages normands, briques rouges, tourelles d’inspiration médiévale et balcons en fer forgé. On y respire l’air de la “Villégiature” telle qu’elle a été inventée par la bourgeoisie parisienne. Mais ici, pas de snobisme. On sent que ces maisons sont habitées, aimées, et que le patrimoine est une affaire de cœur autant que d’esthétique.
Le centre-ville, avec son église Saint-Martin et ses 51 vitraux classés, bat au rythme des marchés locaux. On y trouve des produits vrais : le camembert qui embaume, le cidre fermier et, bien sûr, la coquille Saint-Jacques, star incontestée des étals dès que l’automne pointe le bout de son nez.
Les Falaises des Vaches Noires : un voyage au Jurassique
C’est ici que mon anecdote personnelle prend tout son sens. Lors de ma première visite, je marchais sur la plage vers l’ouest, en direction de Houlgate. Soudain, le décor change. Les villas disparaissent au profit de colosses sombres qui semblent s’effondrer dans la mer : les Falaises des Vaches Noires.

Leur nom vient d’une illusion d’optique. Depuis le large, les gros blocs de roches sombres recouverts d’algues sur l’estran ressemblaient, pour les marins d’autrefois, à un troupeau de vaches paissant au pied des falaises. Mais le véritable trésor est invisible à l’œil nu pour celui qui ne sait pas regarder. Ces falaises sont un gisement fossilifère d’une richesse exceptionnelle.
À chaque marée basse, la mer grignote la falaise et libère des vestiges vieux de 160 millions d’années. J’ai moi-même trouvé, sans même creuser, une petite ammonite spiralée nichée entre deux galets. C’est une expérience incroyable que de tenir dans sa main une preuve tangible du passé jurassique de notre planète. Pour les familles, c’est une salle de classe à ciel ouvert. Mais attention : la cueillette est autorisée sur le sable, mais il est strictement interdit (et dangereux) de piocher directement dans la falaise.
Pour prolonger l’expérience, le Paléospace est une étape obligatoire. Ce musée interactif n’est pas seulement pour les enfants. On y découvre des reconstitutions de dinosaures marins, des squelettes de plésiosaures et on comprend enfin pourquoi cette petite portion de côte normande passionne les scientifiques du monde entier.
Le Marais de Villers : 110 hectares de silence et de vie
Si la mer vous fatigue, il suffit de traverser la digue pour changer de monde. Le marais de Villers-sur-Mer est une anomalie géographique délicieuse. Coincé entre la mer et les collines du pays d’Auge, ce sanctuaire est le seul espace vert d’une telle ampleur sur la Côte Fleurie.

J’aime m’y perdre tôt le matin, quand la brume danse encore sur les roseaux. C’est un paradis pour l’observation ornithologique. Équipé d’une paire de jumelles, on peut y voir des cigognes blanches, des hérons cendrés et, avec un peu de chance, entendre le chant discret de la rainette arboricole.
Quatre circuits de randonnée balisés permettent de faire le tour de ce poumon vert. C’est l’endroit idéal pour déconnecter totalement. On oublie le bruit des voitures, on oublie le stress, on ne suit plus que le vol d’un canard colvert ou le balancement des saules pleureurs. C’est cette dualité — la puissance de la mer d’un côté, la douceur du marais de l’autre — qui rend Villers unique.
Le Méridien de Greenwich : la France commence ici
Saviez-vous que Villers-sur-Mer est la seule station littorale française située sur le Méridien de Greenwich ? Sur la digue, un belvédère circulaire matérialise cette ligne imaginaire qui sépare l’hémisphère Est de l’hémisphère Ouest.
C’est un détail qui peut sembler anecdotique, mais il y a quelque chose de vertigineux à se dire que l’on se trouve sur le point de référence de tous les fuseaux horaires du monde. C’est le spot photo préféré des voyageurs. On s’y amuse à avoir un pied à l’Est et un pied à l’Ouest. C’est aussi un rappel de l’importance de la science et de la navigation dans l’histoire de cette région.
Une station qui vit toute l’année
Contrairement à certaines destinations qui deviennent des “villes fantômes” dès que le soleil se couche en septembre, Villers-sur-Mer entretient une dynamique culturelle constante.
- L’été : Le festival Sable Show offre des concerts gratuits sur la plage. Rien n’égale le plaisir d’écouter du jazz ou de la pop avec le bruit des vagues en fond sonore.
- L’automne : La Fête de la Coquille Saint-Jacques transforme la ville en un immense banquet à ciel ouvert. C’est le moment de goûter au terroir normand pur jus.
- Le printemps : Les courses de caisses à savon et les événements sportifs comme le “21km mer, monts et marais” attirent une foule conviviale et passionnée.
Guide pratique pour votre escapade
Comment venir ?
Villers se mérite mais reste très accessible. À seulement 210 kilomètres de Paris, le trajet via l’A13 se fait en 2h15 environ. Si vous préférez le train, descendez à la gare de Deauville-Trouville puis prenez un bus vert (ligne 20) ou un taxi pour les 9 kilomètres restants. Pour les cyclistes, la Vélomaritime offre un itinéraire sublime le long de la côte.
Où manger et dormir ?
Pour le logement, je vous conseille de viser les chambres d’hôtes dans les villas Belle Époque pour une immersion totale. Côté table, les restaurants du front de mer proposent des plateaux de fruits de mer d’une fraîcheur absolue. Ne manquez pas de goûter aux spécialités à base de crème normande, c’est un péché mignon local dont on ne se lasse pas.
Conclusion : L’élégance du retrait
Villers-sur-Mer n’a pas besoin de faire du bruit pour exister. Elle n’a pas besoin de tapis rouges ou de festivals de cinéma mondiaux. Sa force réside dans sa discrétion, sa richesse naturelle et sa capacité à offrir une expérience humaine.
En choisissant Villers, vous ne choisissez pas seulement une plage, vous choisissez une histoire. Celle de la terre qui livre ses fossiles, celle du marais qui protège ses oiseaux, et celle d’une architecture qui défie le temps. Alors, la prochaine fois que vous verrez le panneau “Deauville”, continuez encore un peu. La pépite est juste là, à quelques battements d’ailes de mouette.
FAQ : Tout savoir sur votre séjour à Villers-sur-Mer
Quelle est la meilleure période pour visiter Villers-sur-Mer ?
La station est agréable toute l’année. L’été est idéal pour la baignade et les animations gratuites. Cependant, le printemps et l’automne sont les saisons préférées des amoureux de nature pour observer les oiseaux dans le marais et chercher des fossiles après les grandes marées d’équinoxe sans la chaleur estivale.
Est-ce que la chasse aux fossiles est autorisée pour tout le monde ?
Oui, le ramassage des fossiles est autorisé et même encouragé sur l’estran (la partie de la plage découverte à marée basse). C’est une activité gratuite et passionnante. Notez toutefois qu’il est formellement interdit de grimper sur les Falaises des Vaches Noires ou de creuser dans la paroi pour des raisons de sécurité et de conservation du site.
La plage de Villers-sur-Mer est-elle adaptée aux enfants ?
Absolument. La plage de sable fin est surveillée en saison (zone Jean Mermoz). Elle descend en pente douce, ce qui est rassurant pour les parents. De plus, de nombreux clubs de plage et aires de jeux sont disponibles. Le côté “Est” est particulièrement calme pour les familles cherchant la tranquillité.
Peut-on visiter le marais de Villers avec une poussette ou un fauteuil roulant ?
Oui, une grande partie du marais de 110 hectares est aménagée avec des sentiers accessibles. Les circuits sont plats et bien entretenus, permettant une promenade confortable pour tous les profils de visiteurs.
Quelles sont les villes proches à visiter absolument ?
Villers est idéalement située. À l’Est, vous êtes à 10 minutes de Deauville et Trouville. À l’Ouest, vous rejoignez rapidement Houlgate (surnommée la “perle de la Côte Fleurie” pour ses villas) et Cabourg, célèbre pour son Grand Hôtel et son lien avec Marcel Proust.
Bibliographie et sources pour préparer votre voyage
- Office de Tourisme de Villers-sur-Mer (inDeauville) : Le portail officiel pour les horaires des marées et le calendrier des événements. https://www.indeauville.fr/villers-sur-mer
- Le Paléospace : Site officiel du musée pour comprendre la géologie des Falaises des Vaches Noires et réserver des visites guidées. https://www.paleospace-villers.fr/
- Conservatoire du Littoral : Fiche détaillée sur la protection et la biodiversité du marais de Villers et des falaises. https://www.conservatoire-du-littoral.fr/
- Mairie de Villers-sur-Mer : Informations pratiques sur le patrimoine communal et l’histoire du Méridien de Greenwich. https://www.villers-sur-mer.fr/
L'auteur du blog
Je suis Nicolas, le fondateur du blog Nunkie.
J’ai créé ce blog pour vous aider à explorer le monde avec confiance. Après avoir parcouru de nombreux pays, découvert des cultures variées et testé divers modes de transport, je vous partage mes expériences et mes conseils sur ce blog.
Mon objectif : vous inspirer et vous équiper pour devenir un voyageur averti et curieux !